Alternative Démocratique
Accueil du site > Saint-Didier-sous-Riverie > Quel avenir pour les commerces à Saint-Didier ?

Quel avenir pour les commerces à Saint-Didier ?

vendredi 22 février 2008, par Claude Lascombe

La question fait débat et c’est tant mieux. Le sujet est important, complexe, et les solutions trop peu évidentes pour se prêter à ce stade à un débat partisan. Essayons d’en faire une première analyse.

Le commerce décline, c’est un fait. Et pour un village qui se veut autre chose qu’un village-dortoir, l’absence de commerce ressemble à une petite mort.

La faute à qui ? Au contournement ? Aux commerçants ? Aux hypermarchés ? A nous consommateurs ? A la municipalité ? Pour ma part, et si je ne suis pas avare de critiques dans d’autres domaines, je me garderai bien sur ce sujet d’en rejeter en bloc la responsabilité aux élus, actuels ou passés.

La faute à personne et à tout le monde !

Mais une évolution inéluctable si on laisse faire.

Soit on admet, comme certains, que cette évolution est inévitable, que rien n’y peut changer, que c’est un « phénomène de société » (formule bien pratique pour se donner bonne conscience en toutes choses !)

Soit on se dit que la tendance peut s’inverser, que ce qui fonctionne ailleurs peut marcher aussi chez nous. C’est derrière cette idée que nous nous rangeons.

A défaut de pouvoir aujourd’hui sortir du chapeau LA solution, l’important pour les élus de quelque bord soient-ils, est d’affirmer leur volonté de s’occuper avec toute leur énergie de ce problème crucial.

Un commerce a besoin de clients pour vivre. Nos habitudes de consommation ont changé, avec la voiture, le développement des grands centres commerciaux, la distribution à domicile…

Reste-t-il de la place pour le petit commerce ? Nous pensons que oui, mais qu’il doit être soutenu, au maximum de ce qui peut être fait. S’il est clair que l’argent public n’a pas vocation à servir les intérêts privés, il peut et doit servir à favoriser, promouvoir, accompagner les initiatives dès lors qu’elles contribuent au bien-être public.

Bien évidemment, on ne perdra pas de vue que le succès dépend aussi et beaucoup de la nature et de l’attractivité de l’offre.

Les grandes surfaces sont là, avec leurs avantages, mais nombreux sont ceux qui pensent que le petit commerce de proximité a de beaux jours devant lui s’il sait s’en démarquer et jouer la complémentarité. Et ceci d’autant plus que le prix de l’essence incitera davantage à limiter ses déplacements, à condition toutefois que les produits locaux, distribués sans ou avec un minimum d’intermédiaires, puissent être proposés à des couts acceptables.

Il y a des clients et il y en aura sans doute de plus en plus pour du bon pain, des produits du terroir, des produits naturels… pour un service personnalisé, de conseil, où le consommateur ne sera plus anonyme, ne sera pas seulement une ombre qui passe à la caisse et disparait.

La demande de consommation évolue, le client de demain ne sera plus tout à fait celui d’aujourd’hui, et encore moins celui d’hier.

Cela suppose bien entendu de traiter la question du commerce comme une composante de la vie économique et sociale du village, à coupler avec d’autres activités ou services (par exemple vente de produits locaux avec éventuellement relance d’un marché hebdomadaire, artisanat…, mais aussi animation culturelle et expositions, bibliothèque, etc.)

Quels emplacements à privilégier pour les commerces ?

Là encore les avis sont partagés.

Soit maintien dans la rue des Monts du Lyonnais ? Solution évidemment séduisante et plus facilement consensuelle, mais les mesures incitatives suffiront-elles à drainer la clientèle des hameaux et la clientèle de passage, sans laquelle le commerce aura du mal à sortir de sa léthargie ?

Soit regroupement en bordure de la D2 ? Certains ont parlé de la proximité du rondpoint (lire dans une nouvelle fenêtre). Pourraient s’y implanter par exemple la boulangerie, une alimentation, un café-tabac pouvant servir des repas à midi, la presse quelque part, peut-être aussi le garage… Tout reste à discuter. Mais la clientèle actuelle du bourg suivra-t-elle si la distance à parcourir à pied s’allonge un peu ?

Et si les deux solutions étaient complémentaires, le commerce appelant le commerce ? Les commerces sur la D2 drainant une clientèle nouvelle qui prendra l’habitude de s’arrêter pour des achats courants, peuvent favoriser la fréquentation du bourg pour d’autres services plus occasionnels (ex. coiffure, ateliers de réparations ou autres…) ou de loisirs (restauration, art, artisanat…) Là aussi, le champ du possible est vaste.

Toute décision engage lourdement l’avenir.

Les idées ne manquent pas, mais, et il serait imprudent de trancher a priori sans consultation de toutes les parties prenantes, de la population, et réalisation d’une étude de marché. La question devra par ailleurs être traitée à sa mesure au niveau du PLU.

On ne perdra pas de vue cependant que tout ne se résume pas au choix de l’emplacement. La réussite dépendra aussi de la capacité des commerçants à évoluer et à innover pour attirer une nouvelle clientèle, de la détermination de la municipalité à mettre en place des mesures d’accompagnement (soutien pour la construction ou l’aménagement de locaux, sensibilisation et communication), et bien sûr de la population à se mobiliser.

Le débat ne fait que s’ouvrir.

On doit s’en féliciter, car il nous fait mieux prendre conscience d’une réalité dont certains d’entre nous n’avions peut-être pas suffisamment conscience.

Toutes les bonnes idées, d’où qu’elles viennent, pourront l’alimenter et on ne peut qu’espérer que tous les Badrais puissent se retrouver sur cette question qui nous concerne tous.

Répondre à cet article

12 visiteurs en ce moment

| Plan du site | Suivre la vie du site RSS