Quand la compagnie coréenne Kepco a ravi à EDF le marché de quatre centrales nucléaires à Abu Dhabi, je me suis dit : le salaire du patron de Kepco doit être faramineux ! Pour en avoir le cœur net, j’ai posé la question à un journaliste économique coréen.
Le PDG de Kepco s’appelle Kim Ssang-soo. L’an dernier, il a reçu 194 millions de won, ce qui correspond à 121 000 euros au taux de change actuel. Son salaire a été réduit en raison de la crise économique ; il était de 325 millions de won en 2008, soit 203 000 euros au même taux de change. Un salaire pareil, et qui plus est en baisse, nos patrons s’esclaffent ! Les Coréens sont ridicules.
Dans sa réponse à ma question, le journaliste coréen ajoute que, malgré son succès à Abu Dhabi, il y a peu de chances que le salaire de Kim Ssang-soo augmente beaucoup cette année. C’est que Kepco est une compagnie nationale, précise-t-il.
Il n’y a pas trente-six conclusions à tirer de cette histoire : soit les Coréens ne connaissent pas la règle du jeu comme quoi les patrons les plus payés sont les meilleurs, soit ils trichent. Il faut porter plainte auprès de l’Organisation Mondiale du Commerce : avec un salaire vingt fois supérieur à celui de son homologue coréen, c’est Henri Proglio qui devait obtenir le contrat !