Oui, le protectionnisme était une erreur. Ce n’est pas pour autant que le contraire, la mondialisation, est une vérité. Ce postulat implicite, selon lequel la mondialisation est la bonne réponse aux problèmes économiques, mériterait au moins d’être discuté.
Un évènement récent montre que la mondialisation n’est pas aussi évidente que ça. Google, qui n’est pas qu’un moteur de recherche mais aussi une grosse compagnie états-unienne, vient de décider de se retirer du marché chinois, parce que la censure l’empêche d’y travailler convenablement. Cela veut bien dire que l’économie ne peut pas être indifférente au contexte politique et social.
~On nous disait aussi il y a un an qu’il fallait absolument sauver le système bancaire, indispensable à la vie économique. Que constate-t-on aujourd’hui ? Les banques américaines distribuent les bonus les plus effarants de leur histoire. Toutes les banques réalisent des profits invraisemblables en spéculant avec l’argent public qui a été injecté par les États. Il n’y a plus un Tony Blair, un George W. Bush ou un Nicolas Sarkozy pour affirmer que c’est sain et bon pour l’économie. La seule chose où ça nous mène, c’est une crise d’une ampleur encore plus grande, qui dépassera les capacités financières des États — comme c’est déjà le cas pour l’Islande ; l’Espagne et la Grande-Bretagne étant menacées. C’est comme pour les séismes : on connait très bien la cause. La seule chose qu’on ignore, c’est la date exacte du déclenchement.
Or, que font les dirigeants ? Ils tiennent des propos offusqués et moralisateurs, ils taxent modérément les profits bancaires. Pour ce qui concerne la liberté de spéculer, ils laissent faire. Alors, qu’est-ce que ça voulait vraiment dire, qu’il fallait absolument sauver les banques ? Qu’il fallait leur permettre de repartir comme avant, mieux qu’avant, pire qu’avant ?
Oui, cela aurait été une erreur de laisser couler les banques. Non, les renflouer pour les laisser libres de faire ce qu’elles veulent, ce n’est pas pour autant la vérité.