Les débats contradictoires organisés par Alternative Démocratique pallient à cette lacune. Ils proposent en effet d’entendre deux points de vue aussi différents que possible.
Un débat se déroule en quatre temps :
1. Chaque partie présente et expose son point de vue sur le sujet pendant une vingtaine de minutes — cette première partie est donc préparée par les intervenants.
2. On passe ensuite à la partie improvisée. Chacun expose les points d’accord avec ce qu’il vient d’entendre de la part de son contradicteur pendant une dizaine de minutes — selon la conception que même si nous sommes en désaccord, nous partageons le même territoire et il est important de reconnaitre ce qui nous unit.
3. Chacun revient sur les points de désaccord qu’il juge essentiels pendant une quinzaine de minutes.
4. La parole est ensuite donnée à la salle. Chaque auditeur peut exprimer son opinion, poser des questions à l’un ou à l’autre des débatteurs, ou aux deux, pendant environ une heure.
L’animateur ne prend pas position. Il a pour tâche de veiller à l’horaire et à ce que chaque protagoniste puisse s’exprimer sereinement.
Une partie peut présenter deux débatteurs si elle préfère, par exemple un technicien et un “politique”, mais ces derniers se partagent le même temps de parole.
On le voit, il n’y a pas d’affrontement direct entre des personnalités. Ça n’est pas Bayrou contre Cohn-Bendit. Il ne s’agit pas de discréditer un adversaire. Il s’agit de confronter des réflexions, des propositions. Le spectacle y perd. L’intelligence des auditeurs y gagne.