La fin de notre monarchie présidentielle entrainera une redistribution du pouvoir au profit du parlement et des assemblées locales. Cela s’accompagnera d’un renouvèlement des élites.
Le système électoral actuel favorise la concentration du pouvoir entre les mains de mâles riches et âgés. La mise en place de quotas vise non pas à modifier ce mauvais système, mais à le camoufler. Il est méprisant pour les intéressées : sont-elles élues en raison de leurs compétences ou parce qu’elles font partie du quota ?
D’autres quotas, tout aussi justifiés, pourraient être mis en place. Est-ce que le sexe a plus d’importance que la classe sociale pour prendre des décisions politiques ? Combien d’ouvriers et d’ouvrières sont élus, sont élues ? Combien d’avocats et d’avocates ?
D’autres demandent des quotas selon la couleur de la peau, la religion, l’âge. On finirait par constituer une société de castes.
La réforme du système électoral lèsera beaucoup d’intérêts actuels mais sera autrement efficace pour que les élus ressemblent un peu plus à la population qu’ils sont censés représenter. Il faudra en revenir au scrutin de liste, avec mention non seulement de l’âge, mais aussi de l’activité professionnelle. Rien n’interdira de voter pour une liste composée exclusivement d’avocats entre soixante et quatre-vingts ans, mais il est peu probable que les membres de cette liste soient élus aussi aisément qu’à présent !
Le cumul des mandats sera interdit. Les responsabilités étant déconcentrées et clairement identifiées, chaque candidat choisira selon ce qui l’intéresse particulièrement.
Il n’y aura plus de collectivités dont les membres ne seront pas élus au suffrage universel. Les élections des conseils municipaux et des conseils communautaires pourront se tenir le même jour, mais avec des candidats différents, ce qui ne devrait pas poser de problème dans la mesure où les compétences seront clairement identifiées et distinctes.
Les mandats pourront être renouvelés une ou deux fois, mais pas plus, l’avantage de l’expérience étant contrebalancé par l’inconvénient de la sclérose. Être élu ne devrait être ni désavantageux ni particulièrement avantageux pour le reste de la vie sociale.
Pour favoriser la candidature de personnes qui ont des difficultés pour se libérer, les conseils devront se pencher sur leur fonctionnement. Par exemple, s’ils souhaitent inclure des mères de jeunes enfants, ils auront peut être à reconsidérer leurs dates de réunions et à mettre en place des moyens de garde.
Enfin, les conditions des débats dans les assemblées devront être revues pour que chaque élu puisse s’exprimer sereinement, en particulier ceux qui ne sont pas des professionnels de la communication ou qui n’ont pas une posture de mâle dominant. Il faut en finir avec le spectacle grotesque et pitoyable délivré par la télévision lors des questions d’actualité à l’Assemblée Nationale. Les désaccords peuvent être vifs sans qu’on perde sa dignité.