Alternative Démocratique
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Démocratiser la société française : l’information

dimanche 22 mai 2011, par Rémi Castérès

Ma première proposition pour une démocratisation de la société française concerne l’information.

Si le peuple gouverne, il doit au minimum être correctement informé de quoi il retourne. L’information ne peut pas être laissée à ceux qui disposent du pouvoir politique ou du pouvoir de l’argent, et qui manipulent pour faire prévaloir leurs intérêts [1]. L’information doit être considérée comme un service public, de façon à être impartiale, et gratuite, de façon à être également accessible à tous.

Le service public d’information produira des informations vidéo, audio et écrites diffusées par les radios et télévisions publiques et sur internet. Les journalistes se conformeront à une charte déontologique et ils seront protégés des pressions politiques et financières. Ils travailleront en équipe, Ils auront le temps de mener leurs enquêtes et de vérifier leurs informations ; leurs sources seront protégées. La plus grande attention sera portée à ce que ces informations soient accessibles à tous ; un même reportage pourra être décliné en plusieurs versions selon le public auquel il s’adresse.

Les chaines privées, les journaux, les blogs pourront reprendre ces informations comme bon leur semble puisqu’elles seront placées dans le domaine public.

Le cout d’un tel service public d’information est énorme. C’est le prix d’une démocratie réelle. D’une façon ou d’une autre, il devra être payé, soit par le budget de l’État, soit par des taxes sur les récepteurs, soit par des taxes sur les fournisseurs d’accès, sur la publicité sur internet, ou le tout à la fois.

Les services de l’État, les collectivités territoriales et les entreprises publiques ne seront plus autorisées à recourir à des agences publicitaires ou à du personnel salarié pour la rédaction de leur “communication”. Elles devront faire appel à des journalistes professionnels pour traiter des sujets qui les intéressent, que ces journalistes soient indépendants ou regroupés en pool pour traiter de telles demandes. Ces journalistes seront soumis à la charte déontologique de la presse et protégés par elle.

Les entreprises ne pourront plus publier ou sponsoriser des “reportages” ou “articles scientifique” dans la presse : de telles productions devront clairement apparaitre comme des publicités.

Les restrictions de plus en plus nombreuses imposées ces dernières années à la liberté d’information, soi-disant pour protéger la vie privée, en fait pour protéger les puissants, seront levées.

Notes

[1] Selon le classement établi par Reporters sans frontières, la France est passée de la 11e place en 2002 à la 44e en 2010, derrière le Ghana, le Mali ou la Tanzanie. L’objectif ne peut être que d’atteindre le plus rapidement la première place pour la liberté de l’information.

5 Messages de forum

  • Bonjour,

    que de bonnes idées. Il faudra alors aussi éduquer le citoyen sur bien des sujets, de l’économie, en passant par la stucture politique de son propre pays, etc… Cela devra passer par l’éducation, bien évidemment, à travers de nouvelles matières. Enfin, en théorie, tout est faisable mais en pratique ? Ceux d’en face, ceux qui ne veulent absolument pas que cela change, je parle évidemment du vrai pouvoir, de celui des entreprises, de ces lobbies féroces . La corruption est leur outil principal qui a déjà fait fléchir plus d’un intégre. Pour les inflexibles, c’est le cimétiere. Alors que faire ?

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    • Démocratiser la société française : l’information 17 août 2011, par Rémi Castérès

      Il est possible qu’il faille enseigner de nouvelles matières, il est aussi possible de considérer que ce sont différentes facettes d’un même tout, l’histoire—géographie—économie—politique.

      J’ai regardé la rediffusion de “Rome” sur Arte. Il s’agit d’une fiction, mais, pour la première fois, j’ai eu l’impression que ça aurait bien pu se passer comme ça. Pour un cout moindre, on devrait pouvoir faire percevoir au commun des mortels quel enchainements ont conduit à la crise financière de 2007 puis à la crise des dettes souveraines d’aujourd’hui. Ça n’intéressera pas tout le monde, mais certainement plus de gens qu’aujourd’hui, quand nous aurons repris la maitrise de notre destinée commune.

      Vous avez raison de pointer la corruption comme l’outil principal des puissances financières. Grâce à leur argent, elles mettent à leur service ces avocats qui dirigent les partis politiques, ces professeurs d’université qui sont aussi “conseillers” de structures financières.

      Partout dans le monde, la lutte pour la démocratie est intimement liée à la lutte contre la corruption et ses mafias : en Inde, en Chine, dans les pays arabes, au Mexique, en Grèce, en Espagne, en Italie…

      Que faire, chez nous ?

      D’abord, je crois qu’il faut poursuivre la réflexion et élaborer des propositions à partir de toute l’expérience accumulée. Voici, en vrac, quelques questions :

      - Quels sont les futurs plausibles qui se présentent devant nous ?

      - Est-il possible de s’en sortir individuellement ?

      - Pourquoi les Français ont-ils renoncé aussi facilement à la démocratie ? Pourquoi s’en désintéressent-ils autant ?

      - Pourquoi ce clivage entre les classes populaires et les classes moyennes ? Est-il possible de le résorber ?

      Ensuite, je crois qu’il faut faire savoir qu’un autre avenir, réaliste, est possible. Le choix posé devant nous n’est pas uniquement de sélectionner le prochain (la prochaine) autocrate qui s’agenouillera devant les marchés financiers. Il faut faire savoir que le peuple n’est pas composé que de consommateurs, mais de citoyens qui peuvent décider de leur avenir. Pour cela, il faudrait que nous nous organisions et que nous nous fassions connaitre lors des prochaines élections législatives.

      Peu importent les résultats électoraux ; ce qui compte, c’est que des idées positives se diffusent. Tant de jeunes, tant de travailleurs se suicident ! Il y a plus enthousiasmant que songer au cimetière.

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      • Démocratiser la société française : l’information 31 janvier 2012, par Anne de Bretagne

        Très intéressée par tes réflexions, je me demande ce que nous pouvons faire à ce jour ? As tu des pistes d’actions à mener ?

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        • Démocratiser la société française : l’information 31 janvier 2012, par Rémi Castérès

          Oui.

          • Ces propositions ne sont pas à prendre ou à laisser ; elles sont à débattre. Qu’en penses-tu ?

          • Telles qu’elles sont, elles constituent pourtant déjà un programme pour sortir de la crise morale, politique et économique que nous traversons. Il faudrait les faire connaitre — les commentateurs dans les médias ne cessent de rabâcher que personne n’a de propositions nouvelles. Un bon moyen serait d’avoir des candidats aux prochaines élections législatives. Pour ma part, je recherche un(e) suppléant(e) dans la onzième circonscription du Rhône.

          • Il faut s’organiser. Seul(e), on ne compte pas. Il faut pouvoir échanger les réflexions et les expériences, soit par des rencontres réelles, soit par des rencontres sur Skype, selon les distances.

          • Et toi, as-tu des pistes d’actions ?

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  • J’aime beaucoup vos articles , ils sont vraiment intéressants.

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