Jusqu’à la fin du vingtième siècle, la vie politique en France a été marquée par l’opposition entre la droite et la gauche. La droite affirmait la supériorité du système capitaliste, rebaptisé de libre-échange, tandis que la gauche se donnait pour but l’établissement d’une société socialiste.
L’échec des nationalisations en 1981-1982, l’effondrement du système soviétique quelques années plus tard ont sonné le glas des utopies socialistes. Il ne restait plus qu’un combattant dans l’arène, c’était la « fin de l’histoire ». Au pouvoir, en France comme dans d’autres pays européens, la gauche se satisfaisait de mettre du baume sur les blessures infligées par le système capitaliste. Elle a accompagné la dérégulation, sans voir que ce système devenait de plus en plus instable faute de contrôles.
Instabilité telle que le capitalisme financiarisé s’est à son tour effondré en 2007, et les mythes sur lesquels il était bâti : l’autorégulation et l’efficacité. Le système a été sauvé de justesse par les États qu’il décriait, États qui se sont immensément endettés pour sauver les banques de la faillite et maintenir l’activité économique. Aujourd’hui, les financiers attaquent ces États qui ont volé à leur secours, en les accusant de dilapider l’argent public !
En bref, le socialisme a conduit à l’échec et le capitalisme financiarisé aussi. On voit mal comment on pourrait s’en sortir ! Soit les entreprises appartiennent à des individus, soit elles appartiennent à l’État. Pourtant, ces deux formules ont un point commun. Dans les deux cas, la direction appartient en fait à un tout petit groupe de personnes, la masse de la population étant tenue à l’écart.
Ce point commun permet d’envisager une piste qui n’a pas été explorée, ou seulement dans les mots : l’implication de la population dans la gestion de l’économie, ce qui implique une démocratisation profonde de la société. Que l’entreprise soit publique ou privée devient moins important.
L’article 2 de notre constitution affirme que le principe en est : « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Si on considère que voter tous les cinq ans pour une personne qui disposera d’un pouvoir monarchique et qui prendra toutes les décisions, c’est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, alors, oui, la France est à l’opposé de la République Démocratique Allemande. Si on accepte de regarder les choses en face, on mesure le chemin à faire pour un « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».
Je vais formuler quelques propositions pour une démocratisation profonde de notre société, séparées en plusieurs pages pour en faciliter la discussion.